Quelques sagesses musulmanes (4)

Dans un monde comme le nôtre où le matérialisme et l’individualisme nous sont souvent présentés comme des gages de réussite, il n’est nullement facile de trouver une quiétude qui apaiserait nos cœurs.

En effet, force est de constater que cette course effrénée à laquelle nous nous livrons en vue d’atteindre un bonheur matériel dont le mirage ne fait que s’éloigner chaque jour un peu plus ne peut que nous conduire vers un non-sens autour duquel risquerait de tourner notre vie à l’image d’ :  "un mirage du désert que l’homme assoiffé prend pour de l’eau ; mais quand il y arrive ; il s’aperçoit qu’il n’en est rien" (Sourate 24, La lumière, verset : 39)

Revenir aux choses essentielles de la vie que notre modernité n’est pas en mesure de nous donner ne représente pas de simples mots dits à tout à hasard.

Bien au contraire, il s’agit bel et bien d’une entreprise consistant à nous réapproprier une philosophie de vie qui nous aidera à mieux penser notre relation avec Dieu, à redonner de la chaleur à nos relations sociales et humaines, et par-dessus tout à donner un sens à notre vie.

Ce nouveau souffle de vie peut nous être procuré par la foi qui tire sa source de la Révélation, Dieu qualifia d’ailleurs Sa Révélation (le Coran) comme étant une âme permettant à la foi d’avoir un sens.

Il s’adressa à Son Messager (paix et bénédictions sur lui) en ces termes : "Et c’est ainsi que Nous t’avons révélé un Esprit par un effet de Notre ordre, alors qu’auparavant tu ne connaissais ni l’Ecriture ni la foi..." (Sourate 42, La Délibération, verset 52)

A sa manière, Mustafa Sâdiq al-Râfi’y, le poète et homme de lettres Egyptien, exprimera avec éloquence la nature de cette vie dont est porteuse la foi, il dira : « La journée n’est autre que l’éveil de la vie permettant de réaliser ses tâches, tout comme la foi n’est autre que l’éveil de l’âme lui permettant d’accomplir ses vertus ». (Wahyu al-Qalam 2/5)

La sagesse inspirée des Enseignements de l’islam et initiée par les vertueux a ce pouvoir irrésistible de restituer à la vie ce sens tant recherché, d’enrichir notre intellect et de nous élever en vertus.

C’est à cela que nous invitent ces quelques sagesses que je désire partager avec vous dans cette troisième partie consacrée aux sagesses musulmanes.

J’invoque le Très Haut qu’Il les rende bénéfiques à nos âmes et nous élève par l’entremise de celles-ci dans les échelons de la foi et de la vertu.

  • Rien (dans cette vie) ne dure éternellement

« La continuité d’une situation est (chose) impossible ».

Proverbe arabe

  • Les choses dissimulées finissent toujours par apparaître

« Nul ne peut dissimuler en lui une chose sans qu’elle n’apparaisse sur le bout de sa langue et sur les traits de son visage ».

‘Ali ibn Aby Tâlib
Compagnon, gendre du Prophète (paix et bénédictions sur lui) et quatrième Calife bien guidé de l’islam.

  • Toute parole doit être assumée

« Si tu crains (pour ta personne) ne parle pas, mais par contre si tu prends la parole n’ait crainte de personne ».

Proverbe arabe

  • La richesse d’un individu réside dans sa satisfaction

« ...Sois satisfait de ce que Dieu t’a donné, tu seras l’homme le plus riche... »

Tirée d’une tradition prophétique rapportée par Ahmad, Tirmidhy et d’autres.

  • La lecture développe l’intelligence et l’esprit critique

« Que le but que tu poursuis dans tes lectures soit d’acquérir une réflexion indépendante ou une largeur d’esprit ou (encore) une aptitude à faire preuve d’ingéniosité. Tout livre qui aspire à l’une de ses trois finalités, lis-le ».

Mustafa Sâdiq al-Râfi’y
Poète et homme de lettres Egyptien (d’origine syrienne).

  • L’enseignant est un héritier des prophètes

« Lève-toi pour ton instituteur et accorde-lui une totale déférence, celui-ci est presque à l’image d’un Messager ».

Ahmed Shawqi
Poète Egyptien qui inspira par sa production littéraire la renaissance arabo-musulmane (an-Nahda) de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle, il mourut en 1932.

  • Ne dure que l’autorité de la preuve

« La prééminence de la preuve m’est préférable à celle de la force, car la prééminence de la force disparaît avec celle-ci alors que rien ne peut mettre un terme à celle de la preuve ».

Abu-l-‘Abbâs ‘Abdullah al- Ma’mûn, septième Calife de la dynastie abbasside.
Sous son règne, Bagdad connut son apogée scientifique et intellectuel.
Il mourut en pleine campagne militaire l’an 833 apr. J.-C. 3

  • La liberté n’est pas un don mais un droit

« Les dirigeants arabes nous ont enseigné une leçon : la liberté ne s’offre pas mais s’exige ».

Ahmed Matar
Poète Irakien en exil. Il est surnommé le roi des poètes.

  • La raison et la loi (divine) son concordantes

« Dieu ne peut nous donner une raison et des lois qui la contredisent ».

Ibn Rushd (Abu-l-Walid Mohamed ibn Ahmed) plus connu en Occident sous le nom d’Averroès.
Célèbre juriste, médecin et philosophe Andalous. Ses travaux, surtout philosophiques, inspireront pendant longtemps l’Europe médiévale et de la Renaissance.
Il mourut en exil à Marrakech en 1198 apr. J.-C.

  • Tout livre est utile quelle que soit la qualité de son contenu

« Il n’y a pas de livre dans je n’en tire pas des choses nouvelles.
Même le livre au contenu médiocre m’en apprend beaucoup.
Il m’aura apprit qu’est ce que la médiocrité ?
Comment écrivent les gens médiocres ? Et à quoi pensent-ils ? »

‘Abbâs Mahmud al-‘Aqqâd
Homme de lettres, penseur et écrivain Egyptien.
Il mourut en 1964.

écrit par Mustafa Kastit (suivre Mustafa Kastit sur facebook)

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